Terrasses
17 mai 2016


Terrasses

Work in Progress…

Terrasses est un projet photographique qui documente la disparition physique d’un espace géographique.

Du XXeme siècle on retiendra le rapport au territoire si singulier qu’il se distingue radicalement des époques précédentes. Si le XIXeme siècle était encore emprunt d’un rapport expansionniste de conquête de territoire, entendu comme la marque de la puissance des états, des peuples ou des hommes ; le XXeme siècle acte la fin de ce rapport au monde. Que ce soit la fin des utopies liés a la découverte de nouveau espaces dans sillage de Jules Vernes (20.000 lieux sous les mers, voyages au centre de la terres), l’achèvement en 1953 de la conquête de l’Everest et le nécessaire déplacement des enjeux sur les « autres » sommet de plus de 8000m (puis ceux de 7000m…) ou bien encore d’un point de vue géopolitiques par la fin des grands empires coloniaux (Britanniques, Français…), le XXeme siècle se distingue par un rapport de remise en question des vieux paradigmes vis a vis du territoire. Avec les concepts de Noosphere et plus tard d’Anthopocene, l’on vois se développer les idées qui vont soutenir un mouvement général de défiance vis a vis de l’expansion territoriale.

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Le projet Terrasses s’intéresse aux espaces conquit sur les flans des alpes grâce a un effort considérable qui s’est étendu sur plusieurs siècles. L’enjeux était alors de gagner physiquement de la superficie dans un espace complexe et difficile a travailler. La solution a consisté a construire des murs de soutènement pour appuyer le déploiement de terrains plats, la ou ne régnait que pente et verticalité. Réalisé au prix d’efforts gigantesques, avec des moyens qui se limitent essentiellement a la force humaine, ce projet titanesque n’a été rendu possible que par l’extreme nécessité d’une population pauvre (tel que décrit par Fernand Braudel lorsqu’il lie les Alpes a la Méditerranée).

Avec le formidable déplacement des enjeux qui a accompagné le XXeme siecle, ces espaces sont condamnés a retrouver leur typicité et leur entropie initiale a mesure que l’utopie que les a vu naitre s’émousse. Dans le lent mouvement d’érosion qui donne a nouveau son plein peut se lire l’état d’une société qui cherche a s’ancrer dans un nouveau rapport a l’espace.