Paysages Limite II
8 décembre 2014


Paysages Limite II

La limite est une marque qui vient trancher l’espace, ce faisant elle vient aussi trancher le temps. Elle est le lieu d’observation du mouvement. Si la frontière a un intérêt en soi (bâtiments, marques…), elle en prend un autre lorsqu’elle devient le territoire du passage. C’est en ce sens qu’est construit « Paysage limite II ». Il s’agit d’une série courte, les images sont grandes, ce sont des paysages. Vue en plongée, il n’y a pas d’horizon, juste des arbres à « bords perdus ». Une route tranche un bout de nature. La route s’étale sur l’image, elle traverse le cadre de bord en bord, devient verticale. Toujours, il y a une voiture. Ces images sont des images de passages, de croisement, de défilement de voitures.

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Structures et déstructures, c’est ainsi que « paysages limite I & II » s’articulent. En opposition au rigorisme de la statuaire de « Paysages limite I », la seconde série se fait légère. Ici l’espace est d’une grande simplicité, la composition ne s’articule plus sur un élément architectural ou un élément fort du territoire. L’image est construite autour d’un élément transitoire : une voiture,qui traverse un quasi all-over de végétation, que seul une route semble articuler. Si le caractère fugace de l’ensemble est présent, ont aurait pourtant bien du mal a parler d’instant décisif, en effet l’image reste pleinement un paysage. L’homme n’est pas visuellement présent, mais que sous la forme de la synecdoque : une voiture c’est un chauffeur. La présence humaine se fait elle aussi limite, c’est a dire presque aussi pauvre que dans « Paysages Limite I ». L’esthétique documentaire reste présente mais les champs de perception de l’image se troublent. La quantité limitée d’éléments d’informations décale la lecture. S’agit-il d’images de satellite ? ou bien d’hélicoptère ? Aucun horizon ne vient donner de repère, le point de vue reste incertain. Une seule chose structure pourtant l’image c’est le passage. Dix seconde plus tard, sans voiture, l’image retombe dans la platitude. Aucun élément suffisamment fort ne permet de structurer le paysage. Loin du belvédère ou du point de vue, ces quelques paysages expérimentent une des limites du genre.

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